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Conversation, On-dit, Dialogues, Nouvelles...

Virgule et Point.




Une virgule se baladant sur sa ligne fut apostrophée par un point.
La virgule s’exclama, que fais-tu sur mon chemin ?
Pourquoi tu vois noir seulement sur ma feuille. 
Oui, car c’est ma feuille blanche parfumée de liberté et pourquoi devrais-je descendre d’un étage
Seulement quand cela te chante ?
Avec ponctuation, le point dit : Tu m’as essoufflé et il faut que je respire un peu ;
Alors je m’arrête au même étage que toi parce qu’il le faut, 
Car je n’ai pas l’intention de faire le grand saut, de tomber dans le vide.
D’accord, tu es la fin d’une phrase dit la virgule, 
Mais moi je suis l’histoire et je m’arrête quand je veux.
Tu m’avais promis de ne plus m’importuner ; 
Si j’ai de l’avance je t’attends c’est tout !
Et justement, j’ai attendu devant la vitrine me coiffant fléchie d’un chapeau de fleurs ;
Mais rien n’est venu.
Inutile de monter le son, on ne fait que nous lire ;
Ne sois pas aigu, ce n’est rien de grave.
C’est normal que nous n’arrivions pas à nous joindre dit le point,
Car le point se trouve toujours après la virgule ; 
Ton drôle de caractère en est sans doute l’oubli ;
Nous n’avons pas élevé les lettres ensemble dit la virgule.
Et puis moi, rajoute-t-elle, à la fin d’une phrase je me fais toute belle pour en recommencer 
Une autre ; je prends le temps de souffler moi !
Et si l’on me voit ; si souvent, c’est parce que je suis jolie moi !
Je conjugue les lecteurs moi ! Toi, tu es plutôt terne et t’installes parce qu’il n’y a plus rien à dire, Sans que l’on ne te le demande, tout le contraire du carabinier d’Offenbach, car Monsieur décide Que ! Moi je suis une fille libre et tous les points me regardent et s’arrêtent devant moi ; pour moi ! Voyant ma beauté qui n’est pas éphémère tant que le lecteur lit mes pensées.
Si tu es amoureux de moi, c’est pas ma faute ! Tu es trop émotif, trouve-toi des amis, fais quelque Chose de ta vie, débrouille-toi ; occupe-toi, raconte ta vie, écris un livre, fais une mise au point . . . 
Moi je n’ai plus l’âge de tapisser les musées, de traîner dans les couloirs où des vieux livres à la Barbe grise deviennent gâteux ; et encore, je ne le dis qu’à demi-mot, entre les lignes, discrètement, Pour ne choquer aucune lettre de noblesse ; je ne veux plus que l’on me mette en toile, en boîte, sous Ecrou comme une vulgaire cédille mal reçue.
Non ! Je suis la plus belle et c’est moi qui ouvre le bal.
On le raconte même dans certains ouvrages, là où je suis d’une importance capitale, là où on me Retrouve également avec comme nomination le point d’exclamation, même si certains s’interrogent.
-Ah oui, à commencer par moi !
Même assise sur ton trône comme un I tu continues à te perdre dans des phrases trop romanesques Et si je retiens les lettres qu’il y a entre nous, c’est pour mieux faire comprendre notre existence, 
Et que je ne tiens pas à finir sur le tapis.
Non ! Si je cours après toi, vers toi, ce n’est pas pour ce que tu crois, c’est juste pour te prévenir ;
Cramponne-toi, accroche-toi comme une cédille, tiens-toi bien, fais un nœud avec ton chapeau, 
Car le lecteur que tu dis si bien connaître va tourner la page d’un moment à l’autre ; ça c’est dit !

Une puce sur un vélin.



Un savant admirable qui scrutait l’infiniment petit tomba sur une puce flânant sur son vélin.
- Je cherche une pièce pour mon mariage dit la puce.
- A quoi le savant étonné répondit : Dis donc, penses-tu que cela m’intéresse,
  Veux-tu bien sortir de mon vélin !
- Mais je mesure la pièce pour mes invités ! Vite que je pusse prendre ma promise sans
  Condition même si je suis imparfait à ces choses-là.
- Est-ce un canular ? 
  Avec ta négation, dans ce que tu penses logique, ne me jouerais-tu pas des mots ?
  Pour poursuivre la farce, vous pensez être combien au bal des casse-pieds ?
- Oh pas beaucoup et j’ai de quoi payer ! Avec le verbe ‘’ pouvoir ‘’ qu’ils pussent . . .
- Dis-moi fripon velouté aux yeux doux, penses-tu me passer la bague au balcon ;
  Me prends-tu pour un jeune herbier touffu où plus communément une optique a deux          
  Tambours.
- Oh non monsieur, un brillant alchimiste connaissant vos éloges m’a proposé de m’incruster le plus doucement possible.
- Ah oui et qui est ce grand homme que je n’ai pas l’impression de connaître ?
- Eh bien d’après mon brillant futur beau-frère, c’est vous.
- Je vois dans votre aplomb que la lumière vous a usé jusqu’aux oreilles mon pauvre ami ;
- Un reflet dont je ne connais pas la bonne fortune a dû vous momifier d’un mauvais écu    posé à plomb.
 Aussi par respect d’insouciance dont vous êtes le flambeau, par force majeure, il me faut  vous mietter d’un doigt instructif de mon vélin peu enthousiaste à vous recevoir.
 Quittez les lieux sans préavis jeune apprenti ; Votre mie attendra.
- Vous visez bien, moi qui ne pensais pas prendre un bain ; me voici dans votre fiole à malice.
   Je n’ai pourtant pas d’idées à vous faire boire, alors que faire pour amincir votre froideur ?
   Pour un savant vous avez du mal à briller la chose ; Rangez votre trocart j’ai un fluide visuel      
   En tête, un truc admirable, un troc délicieux à vous proposer.
   Vous pensez sans doute tout savoir ; Eh bien non ! Il vous manque un déménageur et sans  
   Prétention je suis assez costaud à plus d’un égard surtout quand les mots sonnent deux fois en s’écrivant ainsi ; Les déménagements cela me connaît ; cette idée vous assailli-t-elle ;
   Votre perplexité est-elle inondée, n’êtes vous pas sauvé des eaux quand je me mets à l’eau,
   Trouvez vous enfin le maillot qu’il vous faut ? 
   Ne suis-je pas d’un total réconfort lorsque vous plongez dans un verre d’eau ; 
   Ne suis-je donc pas alors l’illustre inconnu que l’on aimerait connaître, la personne tant
   Recherchée que votre soif éclaire.
   Vous savez monsieur que j’admire la lumière de votre patience.
 - Dites donc virtuose du grand n’importe quoi aux optiques plutôt floue, vous craquez le
    Velours d’un venin inutile et croyez-moi, votre sagesse ne se trouve que dans vos dents ;
    Votre savoir illustre bien un certain déversement, votre étude est bien basse.
    Un caniveau aurait-il logé vos pères ; Madame la Faute vous aurait-elle apprivoisé dans
    Un élan de compassion ?
- Vous êtes dur maître apothicaire ; 
- Votre potion ne doit pas être composée de bonne formule.
  Quelques grumeaux ne caresseraient-ils pas un divers caillou dormant sur vos genoux ?
   Je sais fort bien monsieur, je n’atteins pas votre niveau, ma taille modeste ne m’en donne   
 Pas la possibilité et c’est bien là, la seule mesure à penser ; 
 Vous devez être bien bas pour me dire cela de si haut.
 Pourtant nous pourrions joindre nos pratiques, nous aider mutuellement, devenir amis    dans le savoir et même devenir des confrères sans le savoir ; Et qui sait.
 Groupons nos études dans un même verre et on verra bien ; Essayons.

 Seul un menu plaisir n’aurait pas cette idée ; Passez-moi la carte que je pusse vous faire 
  Goûter l’étincelle, l’éclair que déguste mon esprit gourmand de savoir ; C’est moi qui invite !
- Laissez-moi réfléchir ; Votre proposition a du goût, la pièce est assez grande.
  Après tout pourquoi pas !
  Nous nous partagerons l’agneau et cela ne nous coûtera pas une pièce, c’est bon à savoir.
  C’est tout ça mais comment faire pour se partager la tâche ;
  Voyons, mettons-nous à couvert des pruneaux qui pleuvent et cuisinons l’idée que je pusse nous en sortir.
  Quelle bonne fortune de pouvoir penser sinon où irions-nous.
- Pour porter la page il nous faut lire avec attention, sinon elle sera trop lourde à tourner.
- Mais oui, c’est sûr, cela va nous aider.
  Allons voyons soyons sérieux ; Avez-vous des meubles à placer quelque part en ce lieu ?
- J’en ai et un mais il est lourd et bavard, c’est un bagage bien encombrant.
- Quel est le but de cette phrase encore ? A-t-elle un sens à mes ambitions ?
- Pardonnez-moi, je parlais à l’envers ; Encombrant bagage bavard lourd mais je . . .
  Avez-vous déjà vu une puce arrivant avec ses meubles le bagage à la main ? Moi pas !
- En effet, désolé je n’avais pas prêté attention à la minceur de vos projets.
  La faute au brouillard que vous dégagez sans l’ombre d’un doute ou alors je ne réfléchis pas assez ;
  L’heure doit être sur midi.
- Si vous pusse un peu avoir vos aiguilles allant dans le même sens, 
  Cela arrangerait mon temps précieux précis.
  Prenez le temps, faites un temps mort, regroupez vos billes et nous quitterons peut-être midi.
- Fort bien ; Installons-nous et mettons-nous au travail ; Commencez donc !
- Bien fort maître tendez l’oreille ; Pour atteindre la lumière il nous faudrait une vitesse infinie ;
   Pour atteindre la dérision des événements il nous faudrait un horizon comme objectif.
   Alors voilà, pour joindre nos deux cavités noires bien creuses, le votre étant moins clair que le mien, de vôtre main droite que vous pusse levez à l’un de vos cheveux abritant ce qu’il y a de plus clair, passant par votre oreille la plus fine pour que je pusse êtres comprise ; 
   Et sans penser à deux sens ; Vous gratterez et moi je réfléchirais.

Honorez-moi




Cette nuit j’étais pensif et une légèreté posa ma plume sur mon marbre,
Il ne fait pas si froid qu’on ne le croit et l’horloge ne prend jamais d’avance ;
C’est d’ailleurs pour cette raison que je me couche de bonne heure.
L’inspiration vient à celui qui sait attendre.
Si j’ai perdu du temps mon éditeur n’en a pas gagné.
Sans penser trop à Balzac, l’ami passant,
Je mériterais d’être aperçu, rien que pour la tentation qui devrait être la plus forte.
Si j’étais un homme de lettres, je mériterais d’être relu plus d’une fois au moins.
J’aime ce que vous dites, je mériterais que l’on m’écrive au moins plus d’une fois.
Si j’avais un château en France avec deux tourelles au moins, 
L’encre coulerait sous mes pieds ce qui formerait la pluie et le beau temps.
Ancré dans un verre d’eau j’habite encore et toujours à Montmartre ,
Au vingt-et-un plus précisément ; 
Et ne dormant qu’une fois sur deux, j’écris toujours et encore mes plus beaux poèmes.
Je sais, je suis d’un certain âge,
L’âge qui me va le mieux est celui qu’on ne nomme qu’une fois sur deux tout au plus en
Pensant très fort à l’éternité.
Pouvez-vous en dire autant Monsieur l’honoré ;
Bien qu’au Père-Lachaise tout est permis,
Même les excès.





A Léon Gozlan

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